Les tendances de l’internationalisation et de la relocalisation des entreprises en Europe

La forte progression de la délocalisation des capacités productives vers des pays proposant une main-d’œuvre bon marché a engendré de nombreuses controverses. La délocalisation reste une solution privilégiée par de nombreuses entreprises.

La délocalisation des affaires : de quoi s’agit-il vraiment ?

Il y a toute une confusion dans les terminologies liées à l’externalisation, la délocalisation et la relocalisation. Quand on parle de sourçage international, plusieurs termes plus ou moins complexes sont souvent évoqués : offshoring, nearshoring, délocalisation, externalisation, etc.

Le sourçage international ou approvisionnement international peut se réaliser à la fois auprès des sociétés affiliées et non affiliées à l’entreprise. Dans le premier cas, c’est-à-dire si l’approvisionnement se fait auprès des sociétés affiliées, on parle d’IED ou d’investissements étrangers directs.

Dans les deux cas, ce sourçage international s’apparente toujours au commerce international.

La délocalisation est définie comme la délocalisation étrangère des activités des entreprises. On fait référence au transfert de certaines activités, qui sont jusque-là exercées localement au sein d’une entreprise donnée à une unité de cette entreprise à l’étranger. Le terme est utilisé dans son sens étroit où les activités sont confiées à une unité affiliée. Vous comprenez mieux maintenant pourquoi on parle également de délocalisation intra-entreprise ou captive.

Lors d’une délocalisation, les compétences de l’entreprise du pays d’accueil sont externalisées dans une entreprise multinationale. Bien évidemment, l’entreprise maintiendra et réalisera certaines de ses activités dans le pays d’origine. Elle s’occupera également de l’importation ou encore de l’exportation (vers d’autres marchés) des produits de la filiale étrangère. C’est ce qui  engendre  l’IED et le commerce international.

« Les entreprises optent pour la délocalisation pour deux raisons principales : la réduction de coûts de production, pour l’optimisation de l’efficacité et de la compétitivité En répartissant la production et les services dans de différents endroits, il est possible de combiner et plus exactement de bénéficier de plusieurs avantages nationaux et étrangers », d’après Frank Le Marec, Managing Director de Ratio International Londres, société comptable spécialisée dans la création et la gestion de sociétés internationales.

Zoom sur les tendances

En 2013, plus de 15 % de chefs d’entreprises et 20 % des patrons dans le secteur industriel reconnaissent avoir pensé à la délocalisation. Presque 30 % des entreprises interrogées affirmaient que cette option est envisageable si le contexte économique est favorable, et plus exactement, s’il y a des opportunités économiques. Bien entendu, ces chiffres ont évolué depuis 2013.

La délocalisation est un phénomène qui connaît une évolution spectaculaire. Mis à part les raisons évoquées précédemment, de plus en plus d’entreprises se laissent séduire par la délocalisation pour éviter les lourdeurs administratives, réduire les charges fiscales, disposer de plus de flexibilité et être présent dans un marché plus fructueux.

Londres, Pologne, Lettonie, etc. ; les pays de l’Union européenne restent les plus plébiscités par les entreprises d’Europe de l’Ouest. Outre les coûts, le choix de ces destinations se fonde surtout sur les compétences. La qualité de l’infrastructure ainsi que la compétitivité du marché figurent également parmi les facteurs décisifs. A ces destinations précitées s’ajoutent d’autres pays comme l’Inde, le Maroc et la Chine.

La délocalisation intéresse principalement les secteurs à production classique ou plus technique : industries de textile et de l’habilement, industries automobiles, industries de composants électriques, électroniques et informatiques, industries de l’électroménager, etc. C’est tout à fait compréhensible. En fin de compte, dans ces secteurs, la main d’œuvre ne représente-t-elle pas une partie importante des frais de production ?

« Comme nous le constatons, le secteur des services se lance également dans la délocalisation désormais. Les avancées dans le domaine de la communication et surtout la montée en puissance de l’Internet ont largement favorisé la délocalisation des services. Les services liés aux activités informatiques, d’informations et de télécommunications sont les plus concernés » souligne Frank Le Marec.

Par ailleurs, la tendance est actuellement à la délocalisation du secteur de la recherche et du développement.

Les perspectives ou à quoi va ressemblera l’avenir ?

La délocalisation gagnera de plus en plus en notoriété et sera adoptée davantage à l’avenir. L’internationalisation des entreprises deviendra ainsi une norme. Cela permettra aux entreprises d’optimiser ou de maximaliser leur productivité et leur efficacité.

Certes, les entreprises rechercheront l’emplacement idéal, c’est-à-dire l’emplacement le plus adéquat pour leurs structures (par exemple : la Lettonie pour la structure informatique, la Royaume-Uni pour les ventes et les activités commerciales, l’Inde pour les centres d’appels, le Maroc pour la fabrication, etc.). Etant donné que les tendances sont tournées vers une productivité optimale, il faut s’attendre à l’implantation de plusieurs sociétés et de bureaux partout dans le monde.

Date: 03/05/2017